Damien Pelletier-Brun (né en 1988, vit et travaille en France)
construit des dispositifs. Il entend par là bien plus que des
protocoles de prise de vue : des architectures qui organisent
l'œuvre tout entière — ce qui advient devant la caméra, ce qui se joue
autour d'elle, jusqu'à l'expérience que le corps du spectateur en fait
dans l'espace d'exposition. Ses installations sont des échos
dissonants aux mises en scène du pouvoir : plus que de dénoncer,
elles opèrent.
Formé à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon (DNAP,
2010) puis à la HEAD — Genève (Work.Master, 2013), il participe en
2012 à l'atelier Labor in a Single Shot de Harun Farocki et
Antje Ehmann et assiste l'artiste Pedro Reyes à la dOCUMENTA (13) de
Kassel. Son travail se déploie depuis en trois champs. Les régimes
d'images, d'abord : performances face aux caméras de surveillance
(Vidéo-dessin, 2009-2011), panoramiques où le centre de
l'image disparaît, huit années d'entretiens avec un moteur de
recherche (Entretiens avec Google, 2009-2016). La place des
vivants, ensuite : films et installations tournés en forêt et aux
confluences (Jonction(s), Allure Sylvestre), cycle
de peintures reprenant un modèle qui retourne le globe comme un gant
(Gaïa). Les lieux de décision : de l'installation
Incident (2015) à Contrat Social (La
désinstitutionnalisation) (2019-2025), sa pièce phare, qui a
confié pour une journée un véritable lieu de pouvoir à deux militantes
en fauteuil roulant, assistées de hauts fonctionnaires réels et
entourées de comédiens d'improvisation.
Son travail a été présenté notamment à LiveInYourHead (SLURM,
Genève, 2012, commissariat Christophe Kihm et Marc-Olivier Wahler), à
la Maison Blanche de Le Corbusier (Toucher avec les yeux, La
Chaux-de-Fonds, 2012), aux Rencontres Bandits-Mages (Bourges, 2015),
dans l'exposition Labor in a Single Shot au Haus der Kulturen
der Welt (Berlin, 2015), à La Mèche (Multivers, Toulouse,
2018) et au Festival des Cabanes de la Villa Médicis (Académie de
France à Rome, 2022). Il est passé par le Polygone Étoilé (Marseille,
2017) et a été en résidence à Mains d'Œuvres (Saint-Ouen, 2018).
Jusqu'en 2019, il a signé ses œuvres sous le nom de Rio Vàn Eir.
Formé au Master d'expérimentation en arts et politique (SPEAP) de
Bruno Latour, il tire aujourd'hui de sa pratique une théorie du
documentaire instaurateur : ni capturer, ni inventer : instaurer.
Damien Pelletier-Brun (b. 1988, lives and works in France) builds
dispositifs. By this he means far more than shooting
protocols: architectures that organise the work as a whole — what
takes place in front of the camera, what plays out around it, down to
the way the spectator's body experiences it in the exhibition space.
His installations are dissonant echoes of the stagecraft of power:
more than denouncing, they operate.
Trained at the École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon
(DNAP, 2010) and at HEAD Geneva (Work.Master, 2013), he took part in
2012 in Harun Farocki and Antje Ehmann's Labor in a Single
Shot workshop and assisted the artist Pedro Reyes at dOCUMENTA
(13) in Kassel. His work has since unfolded across three fields. The
regimes of images, first: performances facing surveillance cameras
(Vidéo-dessin, 2009-2011), panoramic films in which the
centre of the image disappears, eight years of interviews with a
search engine (Entretiens avec Google, 2009-2016). The place
of the living, next: films and installations shot in forests and at
river confluences (Jonction(s), Allure Sylvestre),
and a painting cycle based on a model that turns the globe inside out
like a glove (Gaïa). The sites of decision-making: from the
installation Incident (2015) to Contrat Social (La
désinstitutionnalisation) (2019-2025), his central work, which
handed an actual seat of power to two activists in wheelchairs for one
day, assisted by real senior civil servants and surrounded by
improvising actors.
His work has been shown at LiveInYourHead (SLURM, Geneva,
2012, curated by Christophe Kihm and Marc-Olivier Wahler), at Le
Corbusier's Maison Blanche (Toucher avec les yeux, La
Chaux-de-Fonds, 2012), at the Rencontres Bandits-Mages (Bourges,
2015), in the exhibition Labor in a Single Shot at the Haus
der Kulturen der Welt (Berlin, 2015), at La Mèche (Multivers,
Toulouse, 2018) and at the Festival des Cabanes at the Villa Medici
(French Academy in Rome, 2022). He spent time at the Polygone Étoilé
(Marseille, 2017) and was in residence at Mains d'Œuvres (Saint-Ouen,
2018). Until 2019, he signed his works under the name Rio Vàn Eir.
Trained in Bruno Latour's Master's in Experimentation in Arts and
Politics (SPEAP), he now draws from his practice a theory of
instaurative documentary: neither to capture nor to invent: to
instaure.